| Des projets et un défi : Changer le regard sur les maladies psychiques |
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| Écrit par Administratrice | |
| 12-01-2010 | |
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«Actuellement notre projet est de créer un service d'accompagnement à la vie sociale, avec une véritable structure d'au moins six salariés, car nous sommes très démunis dans le département. Autre combat, celui du logement, pour les malades psychiques, avec le dispositif Locapass qui permet de rassurer le propriétaire, quant aux éventuels loyers impayés, ou l'état futur de son appartement. Par ailleurs, concernant le logement, nous sommes en négociations avec différentes institutions et nous réfléchissons à un projet structurant à long terme. Nous souhaitons également revoir la loi sur l'hospitalisation qui n'est pas adaptée à la réalité du terrain» explique Claude Brouquère président délégué de l'Unafam (Union nationale des amis et familles de malades psychiques) pour les Pyrénées Atlantiques, qui au sein de Lurraldea, a créé le réseau de santé mentale du Pays Basque. Un véritable réseau L'Unafam étend son champ d'action sur le terrain de la maladie psychique et non de la maladie mentale. Principalement la schizophrénie et les troubles bi-polaires, dont les symptômes surgissent entre 15 et 25 ans. «Ce sont des jeunes qui font des études supérieures normales, la maladie apparaît à bas bruit et se traduit par des propos bizarres ou des visions perçues. Ce sont des troubles, que l'on peut sinon guérir, du moins contrôler. Rapportée à notre département, 12 000 patients seraient atteints de cette pathologie. Un mal-voyant se reconnaît à sa canne blanche, un paralysé à sa chaise roulante. Rien de tel pour un schizophrène, qui s'enferme dans son monde, bien réel pour lui et qui s'isole de plus en plus» souligne C. Brouquère. Et l'Unafam entend lutter contre les préjugés qui font craindre le comportement des malades psychiques : «la dangerosité de ces patients n'est pas plus élevée qu'au sein de la population normale. Mais quand M. Dupont donne un coup de fusil à son épouse, l'éclairage médiatique est bien moindre» indique C. Brouquère. Des affaires très médiatisées Et l'on se rappelle de l'affaire de Romain Dupuy, jeune schizophrène, auteur des meurtres de deux infirmières en décembre 2004, alors qu'il s'introduisait clandestinement à l'Hôpital Psychiatrique de Pau. Et du désarroi de sa mère, qui réclamait une hospitalisation depuis plusieurs mois. En vain. L'Unafam milite pour une simplification de la loi d'hospitalisation sans consentement. «Nous pensons que dès qu'il y a une demande de la famille et d'un médecin, les soignants de l'Hôpital Psychiatrique au sein d'équipes mobiles devraient décider ou non, de l'internement.» estime Claude Brouquère. Autres thérapies novatrices C'est donc un message d'espoir qu'entend transmettre l'Unafam qui souhaite aider toutes les familles concernées et les patients. Garantir la continuité des soins, obtenir des ressources suffisantes, habiter des logements adaptés, disposer de lieux d'accueil et d'un accompagnement, assurer le cas échéant une protection juridique et accéder si possible à des activités sont les missions primordiales de l'association. Un point essentiel, étant bien sûr la poursuite du traitement, ainsi que la généralisation des psychothérapies. Et dans ce domaine, l'Unafam milite pour la psychothérapie cognito-comportementale, «plus efficace et plus brève.» Petite explication : «la thérapie cognito-comportementale (TCC) peut aider à modifier la façon de penser (aspect cognitif) et la façon d'agir (aspect comportemental). Contrairement à d'autres thérapies, elle est centrée sur les troubles psychiques actuels. Au lieu d'analyser votre passé, pour trouver les causes de vos symptômes, cette forme de thérapie aide à trouver des techniques pratiques pour agir contre les symptômes» nous explique une psychologue. Lieux d'accueils divers Groupes d'entraide mutuelle à Biarritz, St-Jean-de-Luz, Mauléon et Hasparren, lieux de prise de parole pour les familles, beaucoup d'activités sont proposées aux malades, telles que des ateliers cuisine, micro-informatique, peinture, sculpture ou photo, ainsi que le cas échéant, de la formation et un accompagnement professionnel. «Espoir 64», affilié à l'Unafam et dont la présidente est Martine Camblong s'occupe de l'accompagnement à la vie sociale. Deux personnes salariées aident les malades aux tâches matérielles ou diverses, et visent à les rendre autonomes. «La stabilisation est possible, ainsi que l'insertion. Dans les années 50, certains psychologues expliquaient que c'était la faute aux mères castratrices. C'est idiot, faux et méchant, cela n'a rien à voir. Est-ce dû à un désordre biologique au niveau des neurotransmetteurs ? La maladie est-elle d'origine génétique ou l'environnement sociétal a-t-il un rôle ? Ce qui est important, c'est que depuis quelques années, le regard porté sur les malades change. Il y a une compréhension plus grande, pour ces personnes fragiles et vulnérables, qui sont avant tout des victimes» conclut Claude Brouquère. SOURCE:www.lejpb.com |
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