Troubles bipolaires
Une étude sur le ressenti des malades bipolaires Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
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Écrit par Administratrice   
12-01-2010

Pour la première fois, une étude sur les troubles bipolaires donne la parole aux personnes directement touchées par cette maladie. But de la  démarche: mieux cerner la maladie, pour contrer les nombreux problèmes d'errance de diagnostic.

Les troubles bipolaires de type 1 affectent au moins 600 000 personnes en France. Au départ, il s'agit d'un trouble de l'humeur, normal pour tous,  mais qui chez les malades connaît des variations beaucoup plus intenses. La maladie les fait passer d'épisodes de longues dépressions à des états euphoriques, en passant par des comportements à risques, voire suicidaires; le tout entrecoupé de périodes d'accalmie.  Le professeur Philippe Courtet, chef du service de psychologie médicale à Montpellier parle de "source majeure de handicap" pour les jeunes adultes de 15 à 44 ans. "Les patients sont victimes de la tyrannie de leurs sentiments. Leur vécu émotionnel est mal régulé par le cerveau, ce qui entraîne cette alternance entre phase maniaque et phase dépressive."

Chronique et récurrente, cette affection n'en est pas moins difficile à diagnostiquer. La réalité des chiffres montre qu'il faut de 5 à 10 ans en moyenne pour détecter des troubles bipolaires chez un patient. Selon le Professeur Chabannes, chef du service de psychiatrie à Grenoble, "les médecins parlent d'abord de schizophrénie, de dépression voire de troubles de la personnalité avant de tomber parfois sur le bon diagnostic. Ils prescrivent donc souvent un traitement inadéquat à la personne."

Pourtant, il existe bien une guérison à la maladie. Elle passe par la polythérapie. En d'autres termes, un traitement thymorégulateur (régulateur d'humeur) accompagné d'une aide psychologique pour aider le patient.  "Il y a urgence à agir,  continue le psychiatre, 50% des malades ont tenté au moins une fois de se suicider. Les études montrent que traitées correctement, le taux de mortalité  de ces personnes diminue."

"Jardiniers, politiques, nous sommes tous concernés"

L'étude, initiée entre autres par Jean-Paul Chabannes, Philippe Courtet, appelée ECHO ne découle pas d'une démarche classique puisqu'elle place le malade au centre du dispositif. 300 patients de type bipolaire 1 ont été interrogéess par des personnes qui ne relèvent pas du dispositif médical (associations, sondeurs....).Les questions ont été posées suivant 4 axes: leurs relations à leur environnement social, leur famille, l'histoire et le vécu de la maladie, mais aussi leurs attentes et leur prise en charge (traitement).  Il en ressort que 99% des personnes interrogées ont consulté au moins une fois pour des signes annonciateurs de la maladie. 38% déclarent qu'il avaient déjà des troubles avant l'âge de 18 ans.

L'association Argos, d'entraide pour les personnes atteintes de troubles bipolaires mais également de soutien pour leurs familles existe depuis 2001. Sa présidente, Annie Labbé, qui a elle-même souffert de ces troubles dès l'âge de 9 ans raconte son désarroi face au peu d'informations et de reconnaissance de cette affection. Dans son explication, elle préfère employer "troubles de l'humeur" à troubles bipolaires. "Il y a tout de même eu des progrès depuis 10 ans, nous cernons mieux et plus tôt la maladie. Reste l'acceptation de la maladie, qui est toujours aussi difficile. Les patients manquent d'informations. Il faudrait pour cela prendre le temps de les renvoyer chacun vers leur passé, pour évoquer au cours de leur existence les différents épisodes vécus. Anorexie, abandon d'école, déprime, font qu'ils comprennent mieux ce qui leur arrive."

Pour finir, elle en appelle à  tous, "regardez autour de vous, pour mieux repérer les personnes atteintes de ces affections. Jardiniers, politiques, employés, nous pouvons tous être concernés un jour." Les chiffres recueillis par l'étude sont un indicatif fort de la nécessité de déstygmatiser la maladie, mais aussi de parvenir à traiter de manière plus précoce les cas de troubles bipolaires. Pour leur permettre, dans la mesure du possible, d'aspirer à une vie "comme les autres".

SOURCE:L'Express
 
Le trouble bipolaire (maniaco-dépression) souvent diagnostiqué à tort Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
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Écrit par Administratrice   
11-08-2009

Moins que la moitié des gens ayant reçu un diagnostic de trouble bipolaire (maniaco-dépression) rencontre en fait les critères diagnostiques pour ce trouble lorsqu'ils sont évalués en entrevue clinique structurée selon une récente recherche publiée dans le Journal of Clinical Psychiatry et présentée cette semaine au congrès de l'American Psychiatric Association. 

Alors que de récentes recherches ont indiqué que le trouble bipolaire est insuffisamment diagnostiqué, le problème du sur-diagnostic est aussi important, sinon plus, conclut la recherche.
"Les cliniciens sont portés à diagnostiquer des troubles qu'ils se sentent plus aptes à traiter", dit Mark Zimmerman de l'Université Brown, auteur de la recherche. 

"Nous faisons l'hypothèse que la plus grande disponibilité de médicaments approuvés pour le traitement du trouble bipolaire peut influencer les cliniciens quand ils ne sont pas certains si une personne a un trouble bipolaire ou un trouble de la personnalité borderline (aussi appelé trouble de la personnalité limite) et les fait pencher du côté du diagnostic qui répond à une médication", dit-il. 

La recherche impliquait 700 patients psychiatriques non hospitalisés qui ont été évalués en utilisant l'Interview clinique structuré pour le DSM IV (ICSD). 

Parmi ces participants, 145 rapportaient avoir déjà reçu un diagnostic de trouble bipolaire; cependant moins que la moitié d'entre eux (43%) rencontrait les critères sur la base de l'évaluation avec le ICSD. 

Les effets secondaires inutiles sont une conséquence préoccupante du sur-diagnostic. Parce que les stabilisateurs de l'humeur constituent le traitement de choix pour ce trouble, le sur-diagnostic expose les patients à de sérieux effets secondaires incluant un impact possible sur les fonctions rénale, endocrine, hépatique, immunologique et métabolique. 

"Ce biais est renforcé par le message des compagnies pharmaceutiques aux médecins, qui met l'accent sur les articles de recherche faisant état de sous-diagnostic ou de diagnostic tardif et peut les sensibiliser à éviter de faire une erreur en ne diagnostiquant pas le trouble", dit Zimmerman. 

Il recommande aux cliniciens d'utiliser des méthodes standardisées et validées pour poser le diagnostic de trouble bipolaire. 

Cette recherche a été réalisée dans le contexte du projet Rhode Island Methods to Improve Diagnostic Assessment and Services (MIDAS).

source: Science Daily

 
Qu'est-ce que les troubles bipolaire (maniaco-dépression) et cyclothymique? Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
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Écrit par Administratrice   
11-08-2009

Le trouble bipolaire (auparavant appelé maniaco-dépression ou psychose maniaco-dépressive) et le trouble cyclothymique sont des troubles de l'humeur dans lesquels on retrouve des épisodes dépressifs et des épisodes maniaques ou hypomaniaques. 

Le trouble bipolaire de type I est caractérisé par la survenue d'un ou plusieurs épisode(s) maniaque(s) (voir les critères plus bas) ou mixte(s) (dans un épisode mixte, les critères d'un épisode maniaque et d'un épisode dépressif majeur sont rencontrés simultanément). Il peut y avoir des épisodes hypomaniaques (voir les critères plus bas). Il n'y a pas nécessairement d'épisode dépressif majeur bien que cela soit souvent le cas

Le trouble bipolaire de type II est caractérisé par la survenue d'un ou plusieurs épisodes dépressifs majeurs accompagnés d'au moins un épisode hypomaniaque (voir les critères plus bas). Il n'y a pas d'épisode maniaque ou mixte.

Le trouble cyclothymique est caractérisé par une alternance pendant au moins deux ans de nombreux épisodes hypomaniaques (ne rencontrant pas tous les critères d'un épisode maniaque et n'entraînant pas une altération marquée du fonctionnement, voir plus bas) et dépressifs ne rencontrant pas tous les critères d'une dépression majeure.

Pour la description des symptômes d'un épisode de dépression majeure, voyez: Qu'est-ce que la dépression majeure et la dysthymie?

Voici les critères du DSM IV (1) d'un épisode maniaque et d'un épisode hypomaniaque.

Critères d'un épisode maniaque:

A. Une période nettement délimitée durant laquelle l'humeur est élevée de façon anormale et persistante (euphorie, enthousiasme ou irritabilité) pendant au moins une semaine (ou toute autre durée si une hospitalisation est nécessaire).

B. Au cours de cette période de perturbation de l'humeur, au moins 3 des symptômes suivants (4 si l'humeur est seulement irritable) ont persisté avec une intensité suffisante:
1. augmentation de l'estime de soi ou idées de grandeur.
2. réduction du besoin de sommeil (p. ex., le sujet se sent reposé après seulement 3 heures de sommeil).
3. plus grande communicabilité que d'habitude ou désir de parler constamment.
4. fuite des idées ou sensations subjectives que les idées défilent.
5. distractibilité (p. ex., l'attention est trop facilement attirée par des stimulus extérieurs sans importance ou insignifiants).
6. augmentation de l'activité orientée vers un but (social, professionnel, scolaire ou sexuel) ou agitation psychomotrice.
7. engagement excessif dans des activités agréables mais à potentiel élevé de conséquences dommageables (p. ex.., la personne se lance sans retenue dans des achats inconsidérés, des conduites sexuelles inconséquentes ou des investissements commerciaux déraisonnables).
C. Les symptômes ne répondent pas aux critères d'un épisode mixte.

D. La perturbation de l'humeur est suffisamment sévère pour entraîner une altération marquée du fonctionnement professionnel, des activités sociales ou des relations interpersonnelles, ou pour nécessiter l'hospitalisation afin de prévenir des conséquences dommageables pour le sujet ou pour autrui, ou bien il existe des caractéristiques psychotiques.

E. Les symptômes ne sont pas dus aux effets physiologiques directs d'une substance (p. ex. substance donnant lieu à abus, médicament ou autre traitement) ou d'une affection médicale générale (p. ex., hyperthyroïdie).

Critères d'un épisode hypomaniaque:

A. Une période nettement délimitée durant laquelle l'humeur est élevée de façon persistante, expansive ou irritable, clairement différente de l'humeur non dépressive habituelle, et ce tous les jours pendant au moins 4 jours.

B. Au cours de cette période de perturbation de l'humeur, au moins 3 des symptômes décrits plus haut dans le critère B d'un épisode maniaque (4 si l'humeur est seulement irritable) ont persisté avec une intensité significative.

C. L'épisode s'accompagne de modifications indiscutables du fonctionnement, qui diffèrent de celui de la personne hors période symptomatique.

D. La perturbation de l'humeur et la modification du fonctionnement sont manifestes pour les autres.

E. La sévérité de l'épisode n'est pas suffisante pour entraîner une altération marquée du fonctionnement professionnel ou social, ou pour nécessiter l'hospitalisation, et il n'existe pas de caractéristiques psychotiques.

F. Les symptômes ne sont pas dus aux effets physiologiques directs d'une substance ou d'une affection médicale générale.

Les symptômes des troubles bipolaires ou cyclothymique peuvent ressembler aux symptômes d'autres troubles. Seul un professionnel est en mesure de porter le diagnostic.

(1) American Psychiatric Association, DSM-IV Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, Masson, 1996 (version américaine 1994).
 

 
Le trouble bipolaire lié à un risque accru de décès précoce dû à des maladies Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
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11-08-2009
Le trouble bipolaire (maniaco-dépression ou psychose maniaco-dépressive) semble augmenter le risque de mort précoce due à diverses maladies, selon une analyse publiée dans la revue Psychiatric Services. 

Wayne Katon et Babak Roshanaei-Moghaddam de l'Université de Washington ont analysé 17 études impliquant plus de 331.000 personnes. Les données suggèrent que les personnes ayant un diagnostic de trouble bipolaire ont une mortalité causée par diverses maladies plus élevée comparativement à des personnes de la population générale de même âge et même sexe.

Les affections qui conduisent le plus souvent à un décès prématuré sont les maladies cardiaques, les maladies respiratoires, les accidents vasculaires cérébraux et le diabète. L'augmentation du risque varie de 35% à 200%. 

"Avoir un trouble bipolaire est similaire à être fumeur en terme d'augmentation du risque de décès prématuré", dit Katon. 

Les taux de décès prématurés plus élevés chez les personne ayant un trouble bipolaire étaient auparavant attribués aux taux plus élevés de suicides et d'accidents. Mais les chercheurs ont récemment découvert que, bien que ces derniers soient effectivement plus élevés, la plus grande partie des décès précoces est due à des affections médicales. 

Plusieurs facteurs pourraient possiblement contribuer à leur moins bonne santé physique. 

Ces facteurs incluent une moins bonne alimentation, la sédentarité, le tabagisme, l'abus de substances, l'isolement social, le manque d'accès aux services de santé, une attitude biaisée des professionnels de la santé ou des délais dans les traitements médicaux généraux en raison de besoins prioritaires de traitements psychiatriques. 

Des anomalies associées au trouble bipolaire peuvent aussi raccourcir les vies, note Katon. Le trouble bipolaire peut mettre un stress sur le système immunitaire et l'axe hypothalamo-pituitaire, un système qui contrôle plusieurs processus de l'organisme. Il élève aussi l'activité du système nerveux sympathique responsable de la réponse de l'organisme au stress. 

L'auteur mentionne également que certains médicaments antipsychotiques (ou neuroleptiques) utilisés pour le traitement du trouble bipolaire peuvent causer un gain de poids menant à l'obésité ainsi que d'autres changements métaboliques qui prédisposent au diabète de type 2. Certains stabilisateurs de l'humeur (les anticonvulsivants) utilisés sont aussi associés au gain de poids et aux troubles métaboliques. 

Psychomédia avec source:
Eurekalert

 
Le trouble bipolaire associé à un risque accru de divers problèmes de santé Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
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11-08-2009
Les personnes atteintes du trouble bipolaire (psychose maniaco-dépressive) sont à plus grand risque d'une variété de problèmes médicaux, selon une analyse des réclamations d'assurance de plus de 600.000 Américains sur une période de 2 ans. 

Elles étaient 3.13 fois plus susceptibles que celles d'un groupe de comparaison (sans diagnostics de troubles mentaux) de subir un traumatisme (tel qu'une blessure cranio-cérébrale) ou de sérieux effets indésirables des médicaments qui traitent le trouble bipolaire (tel qu'une intoxication au lithium). Environ 7% d'entre elles avait vécu un de ces problèmes pendant les deux ans de l'étude.

Elles étaient 2,27 fois plus susceptibles de souffrir d'une affection neurologique telle que des maux de tête ou des blessures de la moelle épinière, ces troubles ayant affecté un quart d'entre elles. 

Elles étaient aussi 1.68 fois plus susceptibles de développer un trouble endocrinien ou métabolique. Enfin, les troubles musculo-squelettiques, les affections touchant les oreilles, le nez et la gorge étaient respectivement 59% et 42% plus fréquents. 

Les médicaments utilisés pour le traitement du trouble bipolaire tels que les stabilisateurs de l'humeur et les médicaments antipsychotiques ont été associés à un risque plus élevé de troubles endocriniens dont l'hypothyroïdisme, le diabète et l'hyperparathyroïdie. 

Des études ont aussi montré que le trouble bipolaire est associé avec de moins bons comportements liés à la santé tels que fumer ou outremanger. 

"L'utilisation de médicaments et certaines caractéristiques comportementales sont connues pour augmenter le risque de maladies parmi les personnes souffrant d'un trouble bipolaire", commentent les auteurs, William D. Marder et ses collègues. 

Psychomédia avec source:
PR Newswire (Thomson Reuters, communiqué de presse)